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A MARSEILLE : une nouvelle Zone Franche Urbaine à la rescousse...

A MARSEILLE : une nouvelle Zone Franche Urbaine à la rescousse...

A MARSEILLE : une nouvelle Zone Franche Urbaine à la rescousse...


< Extraits
de l'article de M. Romain LUONGO - La Provence du 26/03/2016>

Pour sauver le centre-ville, l'idée de créer un nouveau dispositif fiscal fait son chemin. Reste à convaincre l'État


Des acteurs majeurs du monde économique local, soutenus par des élus, préparent un projet de ZFU dans le centre-ville. L'État consentira-t-il à payer ? Alors que l'économie des fonds publics et  l'efficience fiscale sont érigées en règles absolues, Mais l'objectif est louable et les moyens finalement pas si dispendieux. Depuis quelques semaines, des acteurs majeurs du monde économique local, soutenus par des élus, sont en train de préparer un projet de zone franche urbaine pour sauver le centre-ville. Ou tout du moins pour inverser la pente extrêmement dangereuse sur laquelle glissent de nombreux commerçants ou entreprises, qui ont perdu une large partie de leurs clients et leurs derniers espoirs de rebond. Les chefs d’entreprises ne veulent pas voir le cœur de leur ville sombrer, les bras croisés. Ils ont adressé un courrier au maire de Marseille, en début d'année, lui réclamant d'engager une action en faveur de la zone franche : « Il faut donner ce signal fort dont le centre-ville a besoin. L'intérêt de la zone franche, c'est de faire revenir les professions libérales, faire revenir le travail dans le centre. Il faut que l'investissement revienne. Nous avons l'obligation de trouver une solution pour empêcher les phénomènes économiques irréversibles. Cela fonctionne à Toulon, pourquoi pas à Marseille ? »

A Toulon, des effets spectaculaires !


L'idée est effectivement venue du Var. Dans une ville dont le centre était véritablement sinistré et dont les effets de la zone franche se sont révélés très vite spectaculaires. Une raison supplémentaire, selon Jean-Luc Gosse, le président de Terre de commerces, la fédération de commerçants des Bouches-du-Rhône, de soutenir à fond cette initiative. D'autant que selon lui, l'État n'y perdrait pas : « Ce que l'État ou les collectivités abandonneraient sur le plan fiscal, elles le récupéreraient par ailleurs. Ce serait un cercle vertueux. C'est un projet d'avenir que nous portons. Il faudrait favoriser les commerçants indépendants ce qui permettrait de redensifier le centre et d'en finir
avec les distorsions de concurrence. L'idée est de créer une dynamique qui aille au-delà du commerce. Nous en sommes à la sensibilisation du monde politique »
. Il faut montrer la bonne entente entre tout le monde, les grands groupes, les petits commerçants et les politiques. On ne s'en sortira que si on reste main dans la main." Toute la difficulté, pour ceux qui soutiennent ce projet est désormais de le voir défendu par la classe politique locale. Le cabinet du maire planche déjà sur la question, ainsi que les élus compétents, comme Didier Parakian, adjoint à l'Économie, Solange Biaggi, adjointe aux Commerces, ou encore Gérard Chenoz, délégué aux Grands projets d'attractivité qui peaufinent leurs plans. Sabine Bernasconi, maire du 1-7, commence à affiner : "L'idée, c'est de pouvoir demander à l'État des avantages fiscaux pour certaines activités, dont les professions libérales. Il faut aussi maintenir la vie et l'âme du centre-ville. Cela passera également par le développement de la culture, qui sera au cœur du projet de renouveau de la Canebière."



Comment Toulon profite à plein de sa « ZFU »


La ville de Toulon, touchée elle aussi par une forte dégradation de son centre-ville, a été la première commune à avoir bénéficié de la zone franche au cœur de son agglomération, en 2006. Et les résultats ont vite démontré l'efficacité du dispositif, dès le premier bilan, réalisé en janvier 2011. Le taux de vacance des locaux commerciaux, établi à 21 %, a diminué de 16 %. Sur les cinq années, le nombre d'activités économiques a augmenté de 42 %, passant de 2 014 à 2 859 au total. Une embellie qui a profité à l'emploi, puisque plus de 1 000 emplois ont été créés sur cette même période. Des résultats positifs qui ont poussé l'État à proroger la ZFU de trois ans, jusqu'au 31 décembre 2014, avant d'étendre le dispositif à 2020. Selon les analyses plus qualitatives, il semble aussi que les jeunes entrepreneurs aient investi le centre ancien. Un nouveau réseau, baptisé Toulon Var technologies (TVT) qui rassemble entrepreneurs, étudiants-chercheurs, acteurs économiques et collectivités territoriales, a permis de renforcer la dynamique. Cette démarche, couplée à une volonté de développer la politique culturelle, a aussi permis d'attirer une population plus jeune, ce qui a eu pour effet de redonner de la vigueur à la zone. « Cela ne va pas coûter de l'argent à l'Etat mais plutôt lui en rapporter » L'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) commence à fourbir ses armes, aux côtés de Terre de Commerces, pour favoriser l'émergence du meilleur dossier possible à présenter à l'État. Johan Bencivenga, le président de l'UPE 13, a demandé à ses équipes de plancher sur la zone franche urbaine, qui serait taillée au millimètre pour doper le centre-ville.

Pourquoi la zone franche est-elle une solution majeure pour le centre-ville ?
Johan Bencivenga : Malgré les idées reçues, c'est d'abord un moyen qui ne devrait pas coûter à l'État, mais plutôt lui rapporter. C'est un dispositif vertueux, qui permet d'amorcer une dynamique. Dans un premier temps, cela peut aussi créer de l'activité et générer de la fiscalité.

Comment trouver les bons arguments pour convaincre l'État et le gouvernement ?
J.B. :
La création des Zones franches urbaines (ZFU) est à discrétion du Premier ministre. Nous allons préparer un dossier avec des arguments,
définir un périmètre, en partenariat avec les collectivités territoriales et la chambre de commerce. L'UPE 13 doit avoir un rôle très important, de moteur, d'expert. Nous avons les compétences, dans nos rangs, et une vision générale de l'économie, qui nous permettra d'apporter le meilleur dossier possible. L'essentiel de la démonstration doit se faire au travers du prisme de l'emploi.

Sur quels éléments précis allez-vous vous appuyer ?
J.B. : Nous
avons l'exemple de Toulon. Cela a très bien fonctionné. Le dispositif devait prendre fin en 2011 et il a été repoussé en 2014 puis 2020. La
zone franche y a généré 42 % de création d'entreprises sur 5 ans. 80 % des implantations sont des créations et non des transferts d'adresses. Ce sont de vrais soldes positifs. Surtout, il y a tout une nouvelle forme d'économie du numérique qui est arrivée et qui a réinvesti le centre-ville de Toulon. On parle beaucoup des professions libérales qui doivent revenir, mais la nouvelle économie, c'est un merveilleux atout, notamment avec les jeunes qui réinvestissent le centre-ville.

Quelle sera la prochaine étape ?
J.B. : Nous avons réalisé les analyses et allons maintenant aller vers la concertation avec les mondes politique et économique. Nous avons une envie commune de redynamiser.



Pourquoi le centre-ville souffre ?


L'activité économique de l'hyper-centre, où s'accumule la plupart des difficultés, représente un chiffre d'affaires d'environ 760 millions d'€, pour 15 000 commerces. 29 % sont tenus par des enseignes de grands groupes. Cela représente environ 14 000 emplois, soit la moitié des postes enregistrés dans ce secteur d'activité pour toute la ville. Des données de poids qui se heurtent à un contexte très difficile. Le centre-ville compte parmi les plus pauvres de France : un habitant sur 4 reçoit une aide au logement. Si l'on rajoute les problèmes récurrents de propreté et de sécurité, un contexte national de stagnation du pouvoir d'achat, d'évolution des pratiques des consommateurs vers le commerce en ligne et le développement des centres commerciaux en périphérie, on comprend mieux pourquoi la situation devient explosive.

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